Le garçon qui ne voulait pas mourir de Peter Lantos
- Johanna Zazoun

- 1 sept. 2025
- 2 min de lecture


Aujourd'hui on parle d'un roman graphique accessible aux plus jeunes dès 9 ans (suivant la maturité de l'enfant bien entendu) mais les plus grands y trouveront leur compte également. Coup de coeur pour Le garçon qui ne voulait pas mourir de Peter Lantos.
C'est l'histoire vraie de l’un des survivants du camp de concentration de Bergen-Belsen. Raconté à la première personne par Peter, qui avait cinq ans à l’époque, on suit la famille Lantos alors qu'ils sont déportés. Le style est simple et direct du fait que c'est Peter le narrateur. On mesure toute la chance (relative) qu'il a d'être préservé par ses parents autant qu'ils le peuvent. Même les scènes les plus dures sont décrites avec une lueur d’espoir, pas pour atténuer la tragédie mais, parce qu'on vit la Shoah à travers les yeux d'un enfant de 5 ans. En 1944, il vivait à Makó, une ville de Hongrie, pays allié à l’Allemagne. Seulement il fut finalement envahi et tout changea, Peter et sa famille vont devoir quitter leur maison et traverser l'Autriche et l'Allemagne. L'illustratrice (Victoria Steblava) a fait un merveilleux travail et transmet toute la dureté de la période tout en préservant le ton innocent de Peter. Une balance pas facile à tenir mais qu'elle réussit avec brio. D'un point de vue graphique le dessin est sobre avec beaucoup de gris mais aussi quelques touches de bleu ciel apportant de l'espoir.
Avec mes enfants on essaie d'avoir des dialogues sur les livres qu'ils lisent, c'est très important pour moi qu'à chaque fois qu'ils lisent on puisse en discuter et ouvrir un débat. Cette lecture nous a ouvert les portes du sujet Shoah qui est une part important de notre Histoire. On en a déjà discuté mais au travers du prisme de leurs cours à l'école. Maintenant peu à peu et avec parcimonie je commence à approfondir leurs connaissances et j'essaie aussi de leur offrir d'autres points de vue même plus généraux sur la Seconde Guerre Mondiale (articles à venir sur Les grandes grandes vacances et Les enfants de la Résistance). Ce qui a motivé mon achat est entre autre le format (superbe roman graphique) et surtout le fait qu'à la fin on entrevoit l'Histoire après la Libération. Celle des pays d'Europe de l'Est n'a malheureusement pas eu lieu en 1945 car ils ont eu à souffrir d'une autre forme de domination. Quand on était à Budapest à Pessah dernier on avait esquissé ce pan de l'histoire mouvementée de la Hongrie. On leur a montré les traces de l'influence communiste après la guerre et parlé un peu de la révolution de 1956. Le roman de Lantos permet d'attiser la curiosité des lecteurs qui peuvent ensuite décider de se renseigner (ou pas). Les jalons sont posés, affaire à suivre. Le dernier gros point intéressant même si c'était triste à voir est le fait qu'à la fin on voit des photos de la famille de Lantos, il perdra 21 membres de sa famille, ce qui ancre l'histoire dans le réel.
Bonne lecture!



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